Douala - Akwa .... rue Bébey Eyidi
La chefferie Babouantou est située à 15 km environ au Nord-Est de Bafang et dans l’arrondissement de Bandja. Elle est l’une des nombreuses chefferies que compte le Bam, s’étend du 5°au 6° degré de latitude Nord, et du 10° au 12° degré de longitude Est. Babouantou est  limité de Bandenkop et de Batié par une chaîne de collines qui prennent leur naissance à Bangou. Elles se poursuivent au-delà de Batié (col de Batié) vers Foutouni. Une autre bande de hautes terres prend naissance à Badoumdjia et sépare Babouantou de Banka, Bana (col de Bana) où elle s’élève jusqu’à 2 200 m aux monts Batcha’ et Bachingou. Dans l’ensemble, la chefferie présente une vaste plaine élevée en son centre, dont l’étendue correspond à peu près aux 2/3 de la superficie totale. Toutes ses eaux coulent vers une vallée étroite et encaissée du côté de Badoumdjia ; elles forment ainsi le cours supérieur de Ngoum, affluent du Nkam. Les pluies se répartissent sur une longue saison, allant de mi-mars à mi-novembre ; la saison sèche est atténuée par des rosées nocturnes, par les brumes et les brouillards matinaux. Les moyennes des températures se situent entre 19° et 23°. Les travaux agricoles sont la principale préoccupation de toute la population. En dehors des cultures vivrières extrêmement variées qui se pratiquent jusqu’ici, généralement par les femmes, la culture du café, introduite à Babouantou en 1942 par le chef MONGOUE Michel, est devenue la principale activité des hommes. Les sommets des collines sont exploités en commun pour le petit élevage de chèvres et de moutons ; celui des bœufs se pratique sur les collines limitrophes du côté de Bandenkop, Bangou et Bana, par manque de terrain disponible à l’intérieur de la chefferie  Il ne s’agit pas ici d’une étude exhaustive sur l’évolution de la chefferie Babouantou, depuis la création du hameau du chef jusqu’à nos jours ; mon intention est d’essayer de présenter quelques éléments qui, depuis le XVIIIe siècle, ont apporté peu à peu de modifications dans l’aspect physique, dans les traditions et quelles peuvent être les perspectives d’avenir de ce village.  Comme ces transformations ne se produisent généralement qu’après des chocs ou des heurts avec le monde extérieur, les principales causes sont groupées en trois étapes dans cette étude sommaire. Il est à noter cependant que ces étapes ne marquent pas d’une façon rigoureuse le passage d’un mode de vie à un autre.  En effet, le passé de Babouantou paraît obscur jusqu’en 1921, date à laquelle la première Mission Protestante a été créée à Sessieu. Ce passé ne se conserve que par des traditions orales, comme dans presque toute l’Afrique Noire. C’est ainsi que l’histoire de ce village compte beaucoup de variantes, selon l’âge, le tempérament et le sexe des informateurs (ou des informatrices). Mais cette étude est faite au moment où beaucoup d’autres problèmes se posent à Babouantou ; une baisse sensible de la production des cultures vivrières inquiète la population qui se dit : « faut-il rentrer habiter les campagnes, si oui, que faudra-t-il faire des enfants, puisque toutes les écoles sont concentrées dans le camp de regroupement ? » Devant cette dualité, les Babouantou sont en train de constater un fait important, qu’il vaut mieux continuer à vivre dans une collectivité entreprenante, comme ils l’ont fait depuis 1960, que de retourner à une vie individuelle et misérable des années d’avant l’Indépendance. LES CHEFS AYANT REGNE AVANT LA COLONISATION  L’histoire de  L’installation du premier chef Babouantou est semblable à celle des autres villages Bamiléké. Vers la fin du XVIIe siècle, les Bamiléké, sous la poussée des Foulbé, puis des Bamoun, ont quitté le pays Tikar. Après une étape chez les Bamoun, ils ont ensuite franchi le Noun pour venir s’installer sur l’emplacement actuel qui était habité, puisque c’est au cours de cette même période de migration des bamiléké, qu’un groupe des Badoumdjia, voisins des Ndum, est allé se fixer à Bamoungoum, comme l’indique le manuel du R.P E. MVENG. En supposant que chacun des onze chefs Babouantou connus, ait régné pendant 20 ans au moins – ce qui est d’ailleurs possible puisque le chef NGANDEU a régné de 1905 à 1938, et que le chef MONGOUE Michel sera sur le trône de 1938 à 1975, S.M. KALEUK MONGOUE est au trône depuis lors. On peut dire que le premier chef Babouantou connu sous le nom de DJAMENI ordinairement appelé NDJANKEU a pris le pouvoir aux autochtones de Ndum vers la première moitié du XVIIIe siècle. D’après la tradition orale, DJAMENI, premier chef Babouantou, est le frère jumeau de LEUKOUMENI (1er chef de Bangwa) fils du chef de Bafamgwa (Badrefam), lui-même descendant des Yola (N.E du Nigéria). A la mort de leur père, ces deux jumeaux prétendaient tous au pouvoir ; c’est ainsi qu’un troisième fils profita de ce conflit pour les renvoyer. Chacun de ces deux frères émigra avec sa famille et ses esclaves vers des lieux indéterminés. Après maintes aventures, LEUKOUMENI devint chef supérieur à Bangwa, et DJAMENI celui de Babouantou. Ceci explique les relations d’amitié qui existent entre ces deux chefferies sœurs. Néanmoins, l’origine du premier chef est bien connue des habitants. DJAMENI est le fils du chef de Bafamgwa (Badrefam). Ce dernier est  Descendu des Yola (N.E du Nigeria) vers la fin du XVIIe siècle, lors de la migration des Bamiléké.  DJAMENI et ses sujets ont dû fusionner leurs usages et coutumes avec des autochtones de Ndum (ancienne appellation de Babouantou), Ndum en Babouantou signitfie « mâle » (symbole d’énergie et de puissance). DJAMENI ayant conquis ce territoire, lui a donné le nom de « Puantu » ; Puantu est composé de « Pua » : ma main, et de « ntu » : brûler ; littéralement Puantu veut dire « j’ai vaincu tous les autres de ma main et de mon intelligence », et les Français écriront plus tard Babouantou ; le préfixe « Ba » et plus précisément « Peh » chez les Bamiléké signifie « les gens de ». (Le Bamiléké peut dire aussi Peh douala ou Badouala, ce qui veut dire les gens de Douala), le « u » en Bamiléké se prononce comme « ou » en Français ; la nuance de prononciation entre Pua et Bua est presque imperceptible dans la langue locale ; ainsi on prononce indifféremment Puantu ou Buantou.  Le hameau du chef et la société des neuf (société des grands notables) ont été mis en place par DJAMENI. Pour étendre et maintenir son pouvoir, il a créé les quartiers et a placé son représentant à la tête de chacun d’eux. La structure sociale et politique de Babouantou s’est ainsi peu à peu élaborée et consolidée. Très intelligent, DJAMENI était un habile chasseur. Il avait parcouru toutes les brousses de Bamena, Bangou et Ndomla ; de là, il descendit vers cette vallée de Ndum, très giboyeuse à cette époque. Il s’installa d’abord chez un autochtone du nom de PAMOU à Ngouopi, situé à 4 km environ de l’actuel emplacement du hameau du chef. Cet endroit n’était qu’une simple colline couverte de chaume. Elle délimitait les propriétés des deux chefs autochtones, FEUPI et FEUAYE. Sur le flanc de cette colline existait un endroit, « pekeupka » qui serait aménagé par ces deux chefs pour les danses et toutes sortes de grandes cérémonies. FEUPI et FEUAYE avaient précédé DJAMENI sur le terrain. FEUAYE n’ayant pas pu accéder au trône à Bayangam ne devait plus continuer à y vivre comme il est de tradition chez les bamiléké. Il partit avec ses sujets qui continuaient à l’appeler FEUAYE littéralement « le chef de Bayangam » et finit par se fixer dans la zone qui garde encore son nom : KOUYE, littéralement « les champs ou le domaine de FEUAYE ». FEUPI, quant à lui est venu de BALI longtemps avant DJAMENI. Après un long séjour chez les Bamoun dans les BAPI, un complot ourdi par les serviteurs du Sultan de Noun fit partir les BAPI de leur lieu de résidence. Ils traversèrent le fleuve Noun et éclatèrent en deux groupes.  Les uns suivirent leur chef du côté de l’Ouest de Baleng derrière les Badeng. Ils forment aujourd’hui le groupement BAPI dans l’arrondissement de Baleng. Les autres avec pour chef FEUPI, littéralement « le chef des PI » qui était suivi de 55 personnes dont trois étaient mortes en cours de route, traversèrent les hauts plateaux de l’Ouest et vinrent s’installer à Ndum (Babouantou) avec 52 personnes, les NZE TCHAPDEU à Nteu, MBEU SEPGA à Toula… sont les descendants de FEUPI. Pour soumettre les autochtones, DJAMENI dut employer plusieurs moyens. En sa qualité d’habile chasseur, il ravitaillait ses voisins des produits de chasse. Ceux-ci en retour lui donnaient des filles en mariage ainsi qu’à ses serviteurs. Devenu puissant par ces moyens pacifiques, il invita FEUPI à une danse de « Zen » qu’il avait organisée. Il fut convenu que les gens de FEUPI porteraient une sorte de tunique sans manches, couvrant la tête, les bras et les jambes (« Loeu »). DJAMENI explique que cette tenue était destinée aux nobles, alors que les siens considérés comme des esclaves, devraient masquer tout simplement leur visage. Ce jour venu, DJAMENI ordonne d’alterner les danseurs. En effet, il s’était entendu avec les siens qu’à un signal qu’il donnerait en sifflant dans une corne d’antilope, chacun d’eux devrait saisir au corps son adversaire. Ce qui fut fait, lorsque la danse était endiablée. Les gens de FEUPI qui ne purent s’échapper de ce stratagème furent tous ligotés. DJAMENI lui-même se saisit de FEUPI. Ce dernier, pour conserver sa vie et celle des siens, dut signer la paix, en se prosternant devant DJAMENI, et en lui rendant tous les honneurs dus à un chef supérieur Bamiléké. FEUPI Ainsi soumis, il invita FEUAYE.  Pour soumettre ce dernier, DJAMENI essaya d’aire caler sa hache dans le tronc de l’arbre abattu. Il pria FEUAYE de tenir le bois écarté pour qu’il enlevât la Hache. FEUAYE obéit. DJAMENI fit sauter brusquement la hache et les mains de son ami se trouvèrent prises dans la fente du bois. Il demanda à FEUAYE de se rendre ; ce qui fut fait sans aucune résistance. Il restait à quelques 3 km de chez DJAMENI, un troisième chef autochtone du nom de FEUNIEU. Pour soumettre ce dernier, DJAMENI plaça à côté de lui un de ses fils : FEUATCHIEU, très fort, chargé de surveiller son adversaire de très près. DJAMENI devint alors, à la fin de ces tours de force et d’adresse, le chef suprême de Ndum qu’il appela Puantou. La conquête terminée, DJAMENI ramena pacifiquement à lui tous ceux qui l’avaient précédé sur le territoire de Ndum. Il créa la société des neuf « Keupnjeu ». C’est la société des grands notables de la chefferie, la plus importante où se tient le conseil supérieur ; chaque membre y jouit des mêmes droits que le chef.  BABOUANTOU DE 1905 À LA VEILLE DE L’INDÉPENDANCE DU CAMEROUN Les Allemands sont arrivés à Babouantou vers 1905. Cette date a coïncidé avec la mort du chef KAMZEU et de l’accession de NGANDEU au pouvoir. L’influence des travaux forcés, des Missionnaires, des écoles, de la technique des briques sèches – bref, de la civilisation occidentale a marqué la seconde étape de l’évolution de Babouantou. Les jeunes gens qui sortaient des écoles trouvaient la vie du village inadaptée à la culture reçue des Occidentaux. Ils étaient ainsi freinés par certains interdits, d’où le début d’une forte émigration continue vers les villes et les plantations de Mungo. Les crises des années 1959 et 1960 ont désorganisé toutes les couches sociales du village et ont abouti à la création d’un camp de regroupement. Depuis DJAMENI, dix autres chefs se sont succédé à Babouantou. Il est de coutume chez les Bamiléké, que chaque chef créé une nouvelle société coutumière, augmentant ainsi le nombre de celles qui ont été fondées par ses prédécesseurs.  PIBOU, aussi appelé KAPLUK, a succédé à DJAMENI. Il a fondé la société « Keumbap » et a fait planter les deux grandes pierres qui se dressent à l’entrée de la cour du chef, ces pierres sont appelées « Luk-la’ » (littéralement : pierres de la chefferie). Elles symbolisent l’unité de tous les habitants, car leur implantation a exigé la participation de tous les sorciers de Babouantou.  Les œuvres des six chefs qui ont suivi PIBOU sont encore inconnues. Ces chefs sont : 3 - KAMCHE 4 - TCHEKOHKIABE 5 - TCHAMGWELIO 6 - KAMOU 7 - YAMDJIEU 8 - KAMAHA  KAMZEU, le 9è chef, a été de loin, l’un des plus célèbres. La société « Ndapkeup » est sa première œuvre. Très valeureux, il avait entrepris une politique de pacification. Son armée était divisée en deux groupes : la première s’appelait « Kiodacheu » et la seconde « Pandjui ». Ses guerriers se distinguaient dans les mêlées par une bande d’étoffe rouge qu’ils portaient sur la tête. Cependant  Le chef KAMZEU ne mettait pas son armée à la conquête des terres, mais plutôt à la protection de ses voisins. Les frontières de sa chefferie étaient en grande partie situées sur les montagnes et il ne voulait pas les violer. On ignore à quelle époque les premiers fossés (tranchées) servant de frontières entre Babouantou et ses voisins Bana, Bangou et Badoumdjia ont été creusés. Certes, il n’y a pas de frontières entre Babouantou et ses voisins Bandenkop, Batié, et Banka. En effet, il existe un traité d’amitié entre ces chefferies et Babouantou. Sous le règne de KAMZEU et de son successeur NGANDEU, cette amitié a été particulièrement marquée par la participation massive des Bandenkop, Batié, Badoumla, Bapa à la société « Pangop » dans le hameau du chef Babouantou. Avant l’arrivée des Allemands, cette société comptait plus de 150 adhérents ressortissants de ces chefferies amies. 10è MOUNGOUE Michel Richard 11è KALEUK MONGOUE Pierre Les Babouantou ont eu certes des querelles avec certains de leurs voisins. La plupart se sont déroulées sous le règne du chef NGANDEU : la coupure de la bande de terrain Ngoeukou (Bandja) ; Mvet-Kop et Tékou (Bangou). La querelle très récente entre Babouantou et Bamechetcha’ ne découle que d’un problème de vol de bétail. L’origine de cette querelle est banale. Le chef Bandja avait un esclave (SOKATCHE) acheté à Bamena. Celui-ci servait du vin à boire à son maître. Un jour par inadvertance la carafe glissa entre ses mains et se brisa, le chef Bandja très fâché, promit d’infliger une rude correction à SOKATCHE et sa vente comme esclave par la suite. Cet homme réussit à s’échapper. Il courait de brousse en brousse et ateignit les environs du hameau du chef Babouantou. Capturé, cet homme devint le serviteur du nouveau maître. Le chef Bandja renseigné sur le fait, envoya plusieurs messagers négocier en vain auprès du chef Babouantou. Ces multiples échecs énervèrent le chef Bandja qui, pour se venger Coupa une bande de terrain (Ngoeukou) sur Babouanou. Les derniers affrontements entre les deux chefferies pour ce terrain datent de 1956 du côté de Fopyé, où un Bandja sur le champ de bataille cria en ces termes littéralement traduits « lancez les pierres en brousse, lancez les cailloux en brousse, les Babouantou y sont pleins ». La zone de Fopyé a été longtemps une zone stratégique pour les Babouantou.  1er – Zone d’accès. C’est par là que les Allemands ont ouvert la première piste pour desservir le groupement Babouantou. Les ruines de leurs porcheries s’y dressent encore non loin du point sur la rivière Fopyé. 2è – Zone très fertile. Vallée au dépôt d’alluvion très importante avec prolongement sur Laangueu à Bandja : culture du café, palmier à huile et vivrière.  3è – Zone de confluence. Entre les cours d’eau venant de Baloum par Kwayap, de Batchieu par la chefferie supérieure du groupement Babouantou. 4è – Zone à sable blanc. D’où de nombreuses carrières de sable de par les lits des rivières que les rigoles des torrents. 5è – Cette zone garde en son sein un lieu sacré dont le chef supérieur Babouantou et FEUAYE détiennent seuls les secrets. 6è – La piste traditionnelle qui relie Badoumdjia à la chefferie amie Badagvet passe par cette zone. C’est par là qu’il est de coutume à tout chef Bandja de passer pour aller introniser un nouveau chef à Badagvet. On comprend donc l’importance de  cette zone à Babouantou au fil des ans. Sous le règne de sa majesté KALEUK MONGOUE Pierre et son homologue TCHOUPE de Badoumdjia, les populations de ces deux groupements connaissent une période d’accalmie et une assistance mutuelle. C’est ainsi qu’ils souhaitent que de bonnes volontés réparent le vieux pont de Fopyé pour le bon épanouissement de cette zone riche d’histoires. Sa majesté TCHOUPE Rodrigue, chef actuel de Badagvet depuis Août 1997 est l’homonyme que son père KEOU Joseph avait attribué comme cadeau surpris à leur hôte
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